Tout le monde attendait ce moment depuis si longtemps. Jeunes, adultes, grands-parents, enfants, tous les fans quelques peu passionnés de prêt ou de loin au tennis attendaient qu'arrive ENFIN un jour la consécration du maître dans cet endroit si "maudit" de Roland Garros. Tout était écrit, le reste....Federer s'en chargera.
Petit retour en arrière
Début de saison, victoire facile en exhibition à Kooyong. Puis vint l'heure du 1er Grand Chelem de l'année. Les tours se succèdent et il atteint la finale. Mais une fois de plus ce diable de Nadal vint lui barrer la route au titre. Défaite amère et cruelle, puisqu'une fois de plus, Federer tenait la victoire dans sa raquette.
Puis vint le tour des défaites "à la chaîne", en Masters Series. Des matchs qu'ils n'auraient jamais dû perdre face à Djokovic, Murray ou peut-être encore Stan. Ses fans étions inquiets pour la suite. On se disait que finalement, peut-être, il faudrait se résoudre à ce que cette case "Roland Garros" reste a jamais vide dans son impressionnant palmarès. On se remémorait aussi ces nombreux bons souvenirs, ses nombreuses victoires, ses tout grands triomphes et on espérait que Roger puisse encore nous faire revivre ces moments de joie, comme au bon vieux temps. On suppliait, au fond de nous, de croire encore à une hypothétique et impossible victoire à Roland Garros. Beaucoup étaient découragés, tout le monde lui suggéraient de prendre un coach, de changer ceci ou cela, et finalement, peu y croyaient.
Mais Federer est une forte tête, comme l'on dit. Loin d'être découragé et sûr de son fait, il s'entraîna encore et encore sur terre battue, peaufina son jeu, mis en place une tactique "amortie". Son mal de dos évaporé, son service précis réapparu. Il alla même jusqu'à se faire construire en Sardaigne un court de tennis avec la même terre battue qu'à Roland Garros. Son opiniâtreté finirait bien un jour ou l'autre par payer.
Puis vint le tournoi de Madrid. Il ne le savait peut-être pas encore, mais ce tournoi allait tout changer, ou presque. Sûr de son fait, Federer se hissa sans trop de problème en finale. Il semblait avoir retrouvé le file de son tennis et son mental d'antan. Il retrouvait en finale ni plus ni moins que Nadal. Ses fans étions sceptiques. Il est vrai qu'il n'était pas préférable, à quelques jours du début de Roland Garros, que Federer affronte une nouvelle fois Nadal. Une victoire lui redonnerait un moral et une confiance à bloc mais au contraire une défaite et son moral se retrouverait encore plus bas. On ne pensait pas à une victoire, on n'osait même pas y croire tellement le jeu et le mental de Federer étaient branchés sur courants alternatifs jusque là. Et pourtant, Federer n'est pas Federer pour rien, il "revient" quand on s'y attend le moins. Touché dans son orgueil de champions par toute ses défaites subies en Masters Series jusque là, Roger allait jouer un tennis incroyable, presque parfait durant 2 sets. Services gagnants, coups droits, revers, on croyait rêver. Mais non, on ne rêvait pas. Federer dominait bel et bien Nadal sur terre battue. Tous les ingrédients étaient alors réunis pour fêter cette année un 1er titre (et quel titre!), un peu conquis à la surprise générale en 2 petit sets. On ne le savait pas encore, mais cette victoire allait le gonfler à bloc à l'approche de Roland Garros.
ROLAND GARROS
Cette victoire avait changé quelque peu la façon de voir les choses dans l'esprit des gens. Sa côte, au plus bas depuis quelques semaines, reprenait l'ascenseur. Désormais, aux côtés de Djokovic, Del Potro, ou encore Murray, il faisait à nouveaux partis des outsiders du tournois. Oui, outsiders, puisqu'on croyait connaître le vainqueur du tournoi avant même son début. Évidemment il s'agirait une fois de plus de Nadal, qui domine tellement sur terre battue depuis tant d'années. Mais, le tennis et ainsi fait que chaque match n'est jamais gagnés (ou perdu) d'avance. Et Nadal, peut-être moins bien préparé que les autres années ou tombé sur un grand Soderling, s'avoua vaincu pour la 1ère fois de sa vie à Roland, dès les 1/8ème de finale, pour notre plus grande joie.
Federer avait dès lors une occasion "en or" à saisir. Mais il restait tout de même Murray, Djokovic ou encore Del Potro. Le sort allait faire que Murray et Djokovic allait eux aussi être éliminés prématurément , laissant à Federer le lourd fardeau d'être désormais LE FAVORIS incontestable du tournoi. Passant les tours difficilement, il se qualifiera pour la demi-finale, où il battra en 5 sets Del Potro. Qualifié pour la finale, il n'allait rien lâcher, et même donner une petite correction en 3 sets, à celui qui avait été la terreur de Ferrer, Davydenko, Nadal et Gonzalez (excusez du peu), face à Robin Soderling. 6-1 7-6 6-4, la messe était dite, et les Dieux du tennis auront été présent toute cette quinzaine avec Federer. Federer s'écroule en larme, il n'y croit pas, il ne sait comment réagir. Le public Parisien est aux anges. Moi, comme tous les vrais fans de beaux tennis et de Federer, auront la même réaction que lui : Laisser échapper si humainement quelques larmes. On venait d'assister à un événement hors du commun, la naissance d'une légende. Il était écrit que Federer gagnerait un jour Roland Garros, qu'il deviendrait un jour le plus grand tennisman que l'histoire de ce sport ait connu. Il était écrit, et désormais Roger le sait lui même, il a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire de son sport. Célébré partout dans le monde avec ce triomphe, il devient LE plus grand, plus personne n'en doute désormais.